la pma en france pour un couple de femmes

👶 En 2020, il n’est toujours pas possible pour un couple de femmes d’effectuer une PMA (procréation médicalement assistée) en France ! ⚖️ Que changera peut-être la future loi bioéthique ? Quelles sont les alternatives en attendant ? 👉 Nous faisons le point dans cet épisode.

2 comments on “la pma en france pour un couple de femmes
  1. Nadine dit :

    Bonjour,
    Je viens de découvrir votre podcast qui me plait beaucoup. J’ai 63 ans et j’ai envie de vous raconter comment j’ai eu mon garçon. J’ai toujours aimé les enfants et j’ai toujours eu le désir d’en avoir, mais à l’époque de mes vingts ans, ayant pris conscience de ma sexualité, je pensais que c’était une hérésie de concevoir et d’élever un enfant, seule ou avec une autre femme et sans le père. J’écris cela alors que jusqu’à son décès, mes relations avec mon père ont été exécrables et que je n’éprouve aucun manque à son égard. Cela me hérisse le poil quand j’entends des illuminés scander à qui criera le plus fort « un papa, une maman! ».
    Revenons à nos mouton. Je gardais souvent chez moi, ma nièce ou un de mes neveux. j’ai eu à la maison mon filleul âgé de 2 ans pendant 15 jours. Il a bien fallu que je le ramène à mon frère et quand je suis rentrée chez moi, où je vivais seule, j’ai mesuré le vide, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps et je me suis jurée que le prochain enfant qui franchirait le seuil de ma porte serait le mien.
    Puis….. j’ai découvert dans le quartier du Marais à Paris, l’association des « Parents et futurs parents gays », ancêtre des LGBT. L’association était jeune et moi aussi. J’y ai de suite adhérer car j’avais passé mes 30 ans et mon désir se faisait plus pressant. J’ai pris goût aux réunions. J’ai rencontré des hommes et des femmes très peu nombreuses, qui parlaient de leur homoparentalité ainsi que des parents d’homosexuels. Un soir, était présente une psychologue hétéro qui participait à la réunion. Je lui ai longuement parlé de mon désir que je pensais irréalisable. Elle m’a écouté parler sans rien dire, puis elle m’a dit « Allez y. Je ne vois pas ce qui vous empêche d’être mère, vous ferez une très bonne maman ». Je me suis enfin sentie NORMALE. A l’époque, ce n’était pas facile d’être homosexuel. J’ai même entendu des crétins déclamer avec bienveillance « les gosses des lesbiennes, ce sont des gouines ou des pédés ». J’avais peur des regards plein de préjugés. J’avais peur que mon enfant ait honte de moi. J’avais peur de le rendre malheureux par mon orientation sexuel.
    J’ai rencontré ma compagne qui m’a présenté son frère gay également. Elle désirait que mon enfant ait le même sang qu’elle et naturellement, son frère n’a pas dit non. J’ai eu beaucoup de chance, nous n’avons été ensemble qu’une fois et je suis tombée enceinte. Il ne m’a jamais ennuyé quand à sa paternité. Personnellement, il ne désirait pas d’enfant et il avait déjà dépanné une copine qui avait 4 mois d’avance sur moi pour sa grossesse. Il n’a tenu qu’un rôle de géniteur. Par la suite, ma compagne a eu une fille avec l’ex compagnon de son frère. Nous avons fondé notre famille. J’ai eu le plus grand des bonheurs à élever nos deux enfants.
    Nous nous sommes séparées comme beaucoup de couples et mon grand regret et d’avoir été séparée de cette petite fille que je considérais et que je considère toujours comme la mienne alors qu’elle n’avais que 7 ans. Par la même occasion, mon fils a été privée de celle qu’il considérait comme sa petite soeur. Aujourd’hui, ils sont adultes, mon fils a 29 ans, elle en a 26 et elle me considère toujours comme sa deuxième maman. Ils sont très ouverts sur la cause homosexuelle. Ils sont tout les deux hétéros alors que nous leur avons donné le choix d’être ce qu’ils désiraient être. Ils savent que je ne les jugerai jamais car j’ai trop été jugée. Ils sont homme et femme mais ils savent qu’ils ont tout mon amour et qu’ils peuvent toujours compter sur moi. Elle, elle est douce, elle m’aime,elle me le dit et m’envoie de mots d’amour. Lui il est grand et fort, velu comme un yéti et affublé d’une barbe. Un physique de brute mais d’une infinie tendresse et d’une grande sensibilité.
    Ca fait 20 ans que je vis avec mon autre compagne et nous sommes mariées fin 2019. C’est la dernière femme de ma vie, mais ça…………. c’est une autre histoire.

    1. Madame et Madame dit :

      Bonjour Nadine
      Merci pour votre témoignage. On se plaint de l’inégalité qui subsiste aujourd’hui sur la PMA dont les couples de femmes sont exclus en France, mais il est vrai que nous avons la possibilité de la faire dans d’autres pays, ce qui n’était sûrement pas le cas pour vous il y 30 ans.
      Bon week-end,
      Madame et Madame

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